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vendredi 22 janvier 2010

De la lectio...

L’illustration ci-dessous est très révélatrice de la forme des cours de médecine avant la Renaissance. L’enseignement médical s’articulait entre la lectio : lecture des textes fondateurs de la médecine grecque et arabe et la disputio : discussion autour de questions médicales. Ce sont là les principes de l'enseignement scolastique qu'on retrouvait dans les premières universités de Bologne, Montpellier ou à la Sorbonne par exemple.

Les collections artistiques de la Faculté de Médecine de Paris
Paris : Masson, 1911.
Lyon 1, BU Santé

La seconde illustration est une reproduction d’un cours de chirurgie de Guy de Chauliac, qui enseignait à l’université de Montpellier. On retrouve là plusieurs éléments typiques de l’enseignement médical de l’époque : le professeur lisant le livre et le commentant, les étudiants passifs face à la leçon orale et enfin, comme symbole de l’importance des textes anciens dans la médecine de l’époque, la présence, derrière le pupitre, de Galien, Hippocrate et d’Avicenne. Cette redécouverte des textes grecs grâce à la transmission par les médecins arabes a permis aux universités de se créer avec des textes de références, et à la médecine de s’interroger sur elle-même et de se théoriser.

Centenaire de la Société de Pharmacie de Lyon 1806-1906
Emmanuel Vitte, 1906.
Lyon 1, BU santé

Des critiques de l'enseignement...

Rapidement, les critiques ont été virulentes sur la valeur de l’enseignement médical, principalement du fait de l’absence de pratique et de l’apprentissage par la seule lecture.

Manuel anatomique, et pathologique ; ou, Abrégé de toute l'anatomie et des usages que l'on peut tirer pour la connoissance, & pour la guérison des maladies...
Antoine Laurens, 1672.
Lyon 1, BU Santé

Ce texte, qui est un avertissement aux chirurgiens, reprend une distinction importante : médecins/chirurgiens. Les premiers pratiquant l’art noble de la connaissance médicale, accompagnée de la maitrise des langues donnant accès aux textes anciens. Les seconds pratiquant la chirurgie, longtemps délaissée par les médecins du clergé (ecclesia abhorret a sanguine) et les universités. Mais le développement de l’anatomie et de grands médecins comme Chauliac ou Paré vont donner ses lettres de noblesse à la chirurgie. Celle-ci devient alors le modèle d’enseignement puisque le chirurgien apprend à pratiquer et non pas à discourir sur la médecine.

Ravaton Hugues
Pratique moderne de la chirurgie,
1776.
Lyon 1, BU Santé

Le texte ci-dessus s’intéresse à un autre point de vue sur la transmission, qui est celui du livre médical. En effet, il semblerait que ce sont ces mêmes médecins ayant beaucoup appris mais peu pratiqué qui rédigent ensuite des manuels de médecine emplis d’erreurs, entrainant un défaut non plus seulement de pratique chez la nouvelle génération d’étudiants, mais aussi de connaissance.