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vendredi 22 janvier 2010

L'hôpital : solution à l'enseignement de la médecine

Bien qu’il n’y ait pas eu d’université à Lyon avant 1877, la médecine était enseignée dans les écoles relevant des collèges de médecine et de chirurgie. En 1775, le collège de chirurgie obtient le droit de dispenser des cours et d’organiser les modalités d’obtention d’un diplôme de chirurgie non universitaire (après actes probatoires, examen public et soutenance de thèse), comme le montre le certificat ci-dessous.

Jean Rousset
Les thèses médicales soutenues à Lyon au XVIIéme et XVIIIéme siècle, et le Collége Royal de Chirurgie de 1774 à 1792
Lyon : Imprimeries Reunies, 1950.
Lyon 1, BU Santé

Face à ce certificat dans le même livre, on peut lire un texte assez révélateur de la qualité des cours très théoriques et assez élémentaires donnés dans les collèges. Il semble évident que collège ou université, ce qui permettait réellement l’acquisition de l’art médical, relevait plus de la pratique hospitalière que de l’enseignement organisé. C’est pourquoi on ne s’étonnera pas de l’importance prise par les hôpitaux dans la formation des praticiens ni de la délivrance de diplômes par ces établissements.

Jean Lacassagne
Histoire de l'internat des hôpitaux de Lyon 1520-1900
M. Audin, 1930.
Lyon 1, BU Santé

Vers de nouvelles universités médicales


Auguste Corlieu
Centenaire de la Faculté de Médecine
Paris : Imprimerie nationale, 1896.
Lyon 1, BU Santé.

Le 15 septembre 1793, toutes les académies et sociétés littéraires et savantes sont supprimées par un décret de la Convention. Ce sera l’occasion de repenser l’enseignement médical avant de remettre en place les institutions universitaires. De grands médecins tels
Cabanis, Corvisart ou Chaptal ont participé à l’élaboration de nouveaux principes guidant la formation du futur médecin. Dans le texte ci-dessus l’organisation de cette nouvelle université est décrite dans un enthousiasme contagieux. On y retrouve les idées principales : refus du tout théorique, la pratique hospitalière rendue obligatoire.

Le texte ci-dessous concerne justement cette question de la pratique hospitalière. Il s’agit d’une lettre, datée de 1860, du Conseil d’Administration des Hôpitaux et Hospices de Lyon qui appelle à la création d’une Faculté de médecine à Lyon. Ses arguments sont d’une part la désaffection des Écoles de médecine qui génère un manque d’internes pour les hôpitaux et d’autre part les leçons trop théoriques et le manque de pratique hospitalière des futurs médecins. Il en va, dit le Conseil, « de l’intérêt de la population pauvre autant que de celui de la science ». Il semble donc entendu que la création d’une Faculté se ferait en relation avec les Hôpitaux de Lyon. Lyon avait depuis 1841 une École Préparatoire de Médecine, mais c’est en 1896 qu’elle obtiendra son Université.

Aperçu historique de l'enseignement médical à Lyon depuis la restauration des lettres par Charlemagne
A. Delahaye, 1864.
Lyon 1, BU Santé

Néanmoins l’aspect pratique de l’enseignement restait quelque chose à toujours travailler. Ainsi en 1880 une circulaire ministérielle demandait à ce que les dissections soient payantes. Le Pr Lortet, doyen de la faculté de Lyon, les avaient autorisées gratuites depuis 1878. Il s'opposa à une telle modification de l’accès des étudiants à la pratique médicale pour la raison principale du besoin de pratiquer des étudiants.Les questions financières, liées à l’organisation des universités, l’accueil des internes à l’hôpital, constituaient donc un frein pour le développement de cette union entre la théorie et la pratique, et il est vrai que c’est un risque dont il faut garder l’université médicale aujourd’hui encore.